Compte rendu de la journée Esquimautage 17.01.10
Organisateurs :
Marie LUCAS, Anne Laure BRULE et Hervé Zammit (CRIFCK) et les fil’les de l’eau
C’est dans une ambiance chaleureuse que les fil’les d’Ile-de-France se sont retrouvées le dimanche 17 janvier à la piscine Léo Lagrange de Trappes pour une action centrée sur l’apprentissage de l’esquimautage.
Plusieurs objectifs étaient visés:
Les responsables du Comité Régional Ile-de-France de Canoë Kayak (CRIFCK) ont fait connaître l’action auprès des femmes grâce à l’ensemble des contacts qu’ils détiennent. Le nombre de participantes, de clubs et de départements représentés montrent que l’information a bien été relayée par les présidents de Club et/ou de Comité départementaux.
En tout, une trentaine de femmes ont participé à cette action. Pour certaines, ce n’était pas leur première participation à un regroupement des Fil’les de l’eau mais pour d’autres, cette expérience fut la première et la demande à l’issue de la journée a été de continuer à proposer des actions de ce type.
Récapitulatif du déroulement de la journée :
10h : Accueil et présentation
12h : pique nique convivial
13h30 -16h30 : Natation et esquimautage par petits groupes
16h30-17h30 : bilan de la journée
Reprenons chacun des objectifs
Les inscriptions ont été mises en lignes sur le site du CRIFCK et diffusées auprès des clubs et des comités départementaux. Nous remercions chacun d’avoir transmis l’information. Cela a permis à des filles qui ne nous connaissaient pas encore de nous découvrir et de participer à notre action. En tout, 11 clubs et 6 départements étaient représentés. C’est très encourageant pour une première action proposée sur l’esquimautage.
Pendant la séance de présentation du matin, nous avons expliqué les objectifs de kayak en fil’les : promouvoir la pratique féminine, favoriser les échanges inter-clubs et développer une pédagogie du kayak où l’appréhension est prise en compte.
La séance pratique a commencé par une série d’exercices de natation et d’apnées. Cela a permis aux féminines de s’échauffer et aussi de tester leurs difficultés et/ou facilités à se mouvoir dans l’eau, à se mettre en position tête immergée et à prendre conscience que l’on peut rester près de 30secondes sous l’eau sans problème.
Plusieurs retours nous ont été faits et ont soulignés que c’était, pour certaines, une première quant à l’approche de l’esquimautage par l’apnée. Lors de cette séance, quelques filles ont déjà eu à dépasser leurs appréhensions (sauter sans se boucher le nez, plonger, tenir une longueur en nageant sans prendre de respiration). Pour d’autres, ce fut le moment d’obtenir des conseils techniques afin d’améliorer leurs performances.
Chaque participante a joué le jeu et ce fut un moment important pour la prise de confiance et le début d’un travail à plusieurs ( par binômes sur les apnées). Ce fut aussi un moment fort, de soutien et d’entraide qui a permis à certaines qui étaient peu à l’aise de se jeter à l’eau.
Chaque exercice proposé a été présenté dans une optique kayakiste afin que chacune puisse comprendre et saisir l’importance didactique d’un entraînement à la natation et à la maîtrise de l’apnée.
La séance s’est ensuite orientée vers la navigation. Une présentation des appuis en poussée, en suspension, en godille et enfin de l’esquimautage en central a été faite. L’idée était de montrer que le travail des appuis permet aux apprentis « esquimauteuses » de comprendre le rôle de la pagaie et de sentir quand la pâle est active et bien orientée ou, au contraire, quand elle est inefficace. C’était aussi de prendre un risque en acceptant de se déstabiliser.
La technique du central, qui avait été théoriquement vue le matin, a été de nouveau réexpliquée à partir de démonstrations et des défauts ont pu être analysés.
Les participantes se sont ensuite réparties en groupe de trois avec un bateau. Une confirmée par groupe. Chaque groupe a évolué à son rythme. On peut constater deux approches :
· Pour les kayakistes maîtrisant déjà la technique d’esquimautage, la demande était de travailler davantage sur l’appréhension une fois sous l’eau et sur la maîtrise des appuis. Ainsi, plusieurs groupes ont joué à renverser la kayakiste embarquée, à esquimauter au signal, avec les mains, avec une planche…
A la fin de la séance, nous avons pu constater qu’elles prenaient leur temps pour placer la pagaie avec moins d’appréhension donc qu’elles avaient une sortie moins rapide dans l’eau et par conséquent, un geste mieux maîtrisé et plus précis.
Un travail sur les appuis a aussi été proposé. Les appuis en godille ont d’avantage été travaillés : accepter juste en godillant sur une pâle de descendre et de mettre la tête sous l’eau et remonter par godilles et/ou demi esquimautage. Ce travail a commencé par un appui sur la main et l’avant bras, puis à l’aide de la pagaie. Si la technique n’était pas entièrement maîtrisée par toutes, beaucoup sont reparties en connaissant le principe d’appui et des idées pour continuer à le travailler.
· Pour les débutantes en esquimautage, la demande était davantage centrée sur la position du corps, la compréhension du coup de rein puis pour les plus à l’aise, le mouvement de circulaire à faire avec la pagaie. Là encore, les exercices proposés dans les groupes ont permis de dépasser l’appréhension du retournement, les appuis sur le bord ou sur les mains et la planche, ont facilité la compréhension et notamment celle du balayage à faire avec le bras avant ce qui a permis à certaines de sortir leur premier esquimautage !
Il n’est pas facile pour une personne expérimentée d’expliquer la technique à une autre. Travailler avec des groupes de niveaux disparates ont permis à chacune d’avoir une approche des différentes étapes de cet apprentissage et des difficultés en résultant. Ainsi, dans tous les groupes, le souci a vraiment été porté sur l’aide et les techniques de chacunes, permettant d’aider l’apprenti « esquimauteuse » à progresser.
La présence de cadres, Brevet d’État, ou de monitrices expérimentées, a enrichi le débat permettant à l’enseignant de mettre en place pour son pratiquant des exercices en temps réel. Les explications techniques des raisons d’une difficulté ou l’analyse orale des défauts d’un mouvement ont permis aux enseignantes de comprendre les apprenties et de les aider au mieux.
Bilan général :
L’idée principale à la fin de la journée était que l’ambiance décontractée, ouverte et chaleureuse, les ont aidé à se décomplexer et à profiter pleinement des apprentissages.
La demande d’un petit mémo reprenant les termes techniques, les explications des mouvements et le contenu des exercices a été demandé afin qu’elles puissent s’y référer plus tard.
La proposition d’orienter la séance davantage sur une structure : démonstration d’un mouvement, réalisation du mouvement, démonstration d’un deuxième, réalisation collective du deuxième mouvement etc. a été proposée pour des actions futures afin de permettre aux personnes expérimentées de travailler sur un aspect précis.