CRIFCK: Kayak au féminin - Kayak féminin : Interview de Christine Moratelli, 25 ans de bénévolat

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Kayak féminin : Interview de Christine Moratelli, 25 ans de bénévolat

Article Mis en Ligne le 08-01-2015

Christine MORATELLI

Ancienne Présidente de club, Présidente de CDCK, Vice-Présidente du CRIFCK, aujourd'hui élue au Conseil d'Administration du Comité Régional Ile-de-France et responsable du Patrimoine Nautique Régional.

Interview de Florence Goret

Christine, élue bénévole de l'année 2014 à la soirée des athlètes et des bénévoles. Novembre 2014.

Florence Goret : Christine, il y a 25 ans, le canoë-kayak entrait dans ta vie. Rapidement tu as été amenée à prendre des responsabilités, à être une cadre dirigeante. Peux-tu nous éclairer sur ton parcours et sur ta perception des difficultés/facilités de tenir ce rôle en tant que femme.

Christine Moratelli : Au démarrage, une pratique familiale dans les années 90, initiée par les enfants, deux filles et un garçon. Un petit club d’une vingtaine d’adhérents, partagé entre adultes et jeunes, qui risquait de fermer, faute d’encadrement et avec un Président devant quitter ses fonctions pour des raisons professionnelles. 

Nous sommes entrés au bureau, mon mari reprenant la Présidence et moi-même le Secrétariat, une répartition classique des taches somme toute.

Le club s’est résolument tourné vers les jeunes et la pratique sportive compétitive.

Les filles ont évolué vers le monitorat et l’encadrement hebdomadaire des séances, le garçon a suivi toute la filière du Combiné de l’Avenir aux Championnats de France, comme plusieurs autres jeunes du club à l’époque.

Pour nous, une bonne partie du temps libre consacré à l’accompagnement des jeunes sur les compétitions, les entraînements et regroupements, l’organisation des stages. Cela a pratiquement duré 10 ans.

 

Entre-temps, nous nous sommes intéressés à l’étage « au-dessus », celui du Comité Départemental où je me suis retrouvée là encore Secrétaire. Ce poste m’a permis, durant les cinq ans où je l’ai occupé, d’acquérir une culture du CK et une compréhension des enjeux. A cette époque, j’étais la seule femme du Bureau et du Comité directeur constitué des Présidents de club, exclusivement masculins. On n’y parlait que compétition, résultats et contrat d’objectifs. 

A titre personnel, je pratiquais le kayak en loisir avec d’autres mères de famille du club. En voyant nos enfants sur l’eau, nous avions fortement envie de pouvoir progresser techniquement. Or, l’encadrement limité était destiné uniquement aux jeunes et axé sur la pratique sportive compétitive. 

J’ai alors proposé, dans les années 95, l’organisation au niveau du CD, d’un stage adultes, interclubs, encadré par un BE, tourné vers le loisir et la découverte de rivières. Cela a été une petite révolution, acceptée avec condescendance et à condition de l’autofinancer. Il a trouvé rapidement son public, avec une mixité étonnante, eut égard au rapport hommes-femmes dans les clubs. Il a abouti à la création d’une commission loisirs au sein du Comité. 

 

Je pense que le fait d’être une femme m’a aidée à cette étape et à cette époque dans l’acceptation du concept kayak/activité de loisirs-détente, dans un monde d’hommes branchés sport/compétition.

 

Je me suis alors intéressée à la prise en compte du loisir et à son développement en rejoignant la commission Tourisme du Comité Régional dont j’ai pris la responsabilité en 1998. A l’époque, la commission tenue par un homme s’occupait essentiellement de l’organisation du rallye de la Cure que nous avons laissée très rapidement et à juste titre à la Bourgogne. Avec une petite équipe, nous avons lancé le Rallye du Loing, rivière sur les bords de laquelle il n’y avait aucun club. La commission était mixte, avec il est vrai plus d’hommes que de femmes, étoffée le jour J par des membres de clubs tournés vers le loisir sportif.

 

Au niveau du Comité régional, toutes les commissions sportives étaient tenues par des hommes et le loisir était sans doute à y réfléchir maintenant, le créneau où une femme pouvait s’implanter, à l’époque.

 

 En 2000, de façon inopinée, je me suis présentée à la présidence du CD où j’ai été élue et où je suis restée huit ans. Au début, cela n’a pas été une mince affaire et j’ai dû faire face à bien des frondes dans le monde sportif. Je dois dire que j’ai été soutenue dans mon engagement par des hommes élus dans les instances du sport et ouverts d’esprit.

La même année, je suis entrée au Comité directeur du CRIFCK où j’ai cherché à promouvoir le loisir par l’organisation de manifestations grand public (permettant d’implanter et conforter le CK sur les territoires), l’organisation de regroupements sur les rivières franciliennes (permettant de maintenir une fréquentation capitale pour la pérennisation du CK et sa prise en compte par les instances gestionnaires de l’eau).

 

Réélue en 2004 à la présidence du CD, je me suis présentée au bureau du CRIFCK où j’ai été élue vice-présidente en charge du développement, poste que j’ai tenu jusqu’en 2012. J’ai actuellement levé le pied, comme on dit, mais pas totalement. Du loisir et du plaisir ressenti sur l’eau au patrimoine nautique, il n’y a qu’un pas que j’ai franchi, contribuant ainsi à faire que nous puissions continuer à naviguer sur nos rivières.

 

Avec les instances politiques, je n’ai pas rencontré de problèmes particuliers en tant que femme. Présidente de CD, je me suis attachée à développer l’activité sportive au sein des clubs du département en privilégiant la mutualisation des moyens et de l’emploi. Je me suis heurtée à l’individualisme de clubs, à des pratiques ancrées depuis des années et très dures à faire bouger. Je pense aussi à des réunions avec des cadres sportifs, en assemblée totalement masculine, où sans aborder des questions techniques d’entraînement où je n’étais effectivement pas compétente, mais des questions d’organisation et de gestion de moyens humains, on m’a fait clairement comprendre que je n’étais pas dans mon « rayon ».

Le fait d’être une femme a sans doute joué mais dans la façon d’aborder les choses, pas suffisamment incisive.

 

F. G. : Une conclusion ?

 

C.M : L’évolution s’est faite dans un milieu exclusivement masculin, très branchée sur le sport pur et dur, jusqu’à une époque récente. Beaucoup d’obstination et de ténacité ont été nécessaires. Un enchaînement continu de réunions pas toujours très efficaces au fil des semaines et des ans ; qui usent tant physiquement que moralement. Une vie familiale qui en prend un coup, mais là homme ou femme, je pense qu’il n’y a pas de différence fondamentale.


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